Le_Potentiel logo
Le_Potentiel logo

Brouille entre Kinshasa et Kigali : l’heure de vérité

Vaincu en 2013, le Mouvement du 23 mars (M23) refait parler de lui, en attaquant des positions de l’armée congolaise dans l’Est du pays. Et dans cette renaissance, point de doute, le rôle du Rwanda est pointé du doigt. Les masques sont donc tombés avec les images détenues par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ainsi que les témoignages recueillis auprès des populations locales. Il est clairement établi que le M23 est porté par la Rwanda. Dans l’opinion, c’est un soutien inacceptable et qui illustre l’absence de sincérité dans la diplomatie entre la RD Congo et le Rwanda. Pourtant, les deux pays voisins sont tous membres de l’East African Community. Face au double jeu de son voisin, Kinshasa n’a pas tardé à hausser le ton. Le Conseil Supérieur de la Défense présidée par le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, en présence des présidents de deux Chambres du Parlement, du Premier ministre et des officiers militaires, a pris une série de mesures drastiques contre le groupe terroriste M23 ainsi que le Rwanda. Il a été décidé la suspension immédiate des vols de la compagnie d’aviation Rwandair à destination de la RDC. Aussi, la convocation de l’ambassadeur du Rwanda accrédité en RDC pour lui notifier de la désapprobation totale du gouvernement congolais. Mais bien au-delà, de l’avis de plus d’un Congolais, il est temps pour le gouvernement d’opter pour une solution ferme et résolue, qu’elle soit négociée ou militaire. C’est pour dire que les hostilités relancées sont une guerre de trop qui suscite la révolte de tout un peuple.

Partager :

tshisekedi et kagame

Il fallait s’y attendre. Le soutien avéré de l’armée rwandaise derrière le mouvement du 23 mars (M23) nécessitait des mesures fortes du côté congolais. Les images détenues par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ainsi que les témoignages recueillis auprès des populations démontrent à suffisance que le M23 est porté par la Rwanda.

Selon le Conseil supérieur de la Défense, réuni vendredi 27 mai autour du chef de l’État Félix Tshisekedi, c’est « une attitude récidiviste qui vise clairement à torpiller nos efforts de pacification engagés dans le cadre du processus de Nairobi ». En conséquence, le Conseil supérieur de la Défense tire les conclusions ci-après : le M23 est considéré comme un mouvement terroriste, il sera désormais traité comme tel et de ce fait, il est exclu du processus des discussions de Nairobi ; une mise en garde est faite au gouvernement rwandais dont l’attitude est de nature à perturber le processus de paix qui arrive pratiquement à son terme avec les discussions de Nairobi où tous les groupes armés à l’exception du M23 se sont engagés sur la voie de la paix.

Comme mesure conservatoire, il a été décidé la suspension immédiate des vols de la compagnie d’aviation Rwandair à destination de la RDC ; il a été également décidé de la convocation de l’ambassadeur du Rwanda accrédité en RDC pour lui notifier de la désapprobation totale du gouvernement congolais.

Du côté de Kigali, c’est le même refrain, l’on dément toujours. Dans une déclaration de sa porte-parole, Yolande Maloko, transmise à l’AFP, le gouvernement rwandais a réfuté les accusations congolaises. « Alors qu’il serait légitime que le Rwanda réponde aux attaques répétées des FARDC sur son territoire, il n’est pas impliqué dans les combats en cours », affirme Kigali, en qualifiant ces affrontements de « conflit intra-congolais ». Rien de convaincant dès lors que le discours est déjà vieux, croit-on, et c’est le même !
Et malgré la montée de la tension entre les deux pays, Kinshasa entend garder le cap. Au sein de l’opinion nationale, l’on estime qu’il est temps pour le gouvernement d’opter pour une solution ferme et résolue. Tout le monde considère que les hostilités relancées sont une provocation de trop. C’est la révolte de tout un peuple !

Voilà qui explique, par exemple, le soutien tous azimuts de la population congolaise, en général et Nord-Kivutienne, en particulier, à l’effort de guerre à l’égard des Forces armées de la République démocratique du Congo sur les lignes de front.
La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), par exemple, dit suivre avec beaucoup d’inquiétude la dégradation de la situation sécuritaire dans la province du Nord-Kivu, particulièrement dans ses territoires de Rutshuru et Nyiragongo, suite à l’intensification des combats entre les FARDC et les rebelles du M23, lesquels causent tant de pertes en vies humaines de part et d’autre.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Voir Aussi