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Fichier électoral, moyens financiers, fin de la guerre… : des prérequis avant les élections 2023

Avec un chrono bien en marche pour 2023, le gouvernement de la République devra œuvrer avec tact pour éloigner de la voie conduisant vers les élections, les incertitudes déjà visibles. Il s’agit, en réalité, des défis qui sont autant financier et sécuritaire et qui appellent à un nouveau rythme de travail afin de permettre le maintien des voyants au vert. A moins de deux ans de la présidentielle, il ne devra donc plus avoir des sujets tabous, car plus tôt qu’ils sont abordés, plus tôt les issues sont possibles. C’est dans cette perception que le politologue et notable du Nord-Kivu, Jonas Kasimba, ouvre le bal. Ce natif de Beni, réputé pour ses idées fortes, est d’avis que les opérations préélectorales, les moyens adéquats pour financer l’ensemble du processus devant aboutir aux élections en 2023 et surtout la problématique du rétablissement de la paix dans l’Est du pays, sont en réalité des préalables sans lesquels la machine électorale ne saurait arriver à bon port. Dans une analyse sans complaisance, Jonas Kasimba estime que la situation sécuritaire dans l’Est du pays avec notamment l’agression rwandaise via le M23 et l’activisme croissante des autres groupes armés présentent des risques qui pourraient affecter négativement la bonne marche de la machine électorale. Sa crainte est autant confortée, souligne-t-il, du fait que la grande partie du budget de l’Etat est logiquement affectée à la guerre. Le débat reste ouvert.

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jonas kasimba

À moins de deux ans de la prochaine présidentielle, la photographie sécuritaire du moment, particulièrement dans l’Est du pays, suscite de grosses inquiétudes. Et pourtant, de grands débats sur la question sont absorbés par des débats partisans liés aux positionnements et autres calculs politiques.

Fort de cette radiographie qui peut bouleverser la donne, des analystes alertent. C’est le cas du politologue Jonas Kasimba. Celui-ci estime qu’il y a des préalables à remplir, à tout prix, pour la tenue d’élections prévues en 2023.

De son point de vue, il faut ouvertement poser les bases sur sept grandes actions à mener suivant un chronogramme précis. Ces actions, indique-t-il, constituent des prérequis. « Il s’agit de l’actualisation de la cartographie électorale, de l’enrôlement des électeurs, du nettoyage comme il se doit du fichier électoral, du vote de la loi portant répartition des sièges, de l’ouverture des bureaux de réception des candidatures, de la disposition des moyens financiers adéquats et surtout la fin de la guerre à l’Est du pays », a-t-il énuméré.

Dans le fond, c’est plus le travail de la Commission électorale nationale indépendante qui est attendue. N’ayant aucun droit à l’erreur, la centrale électorale avec sa tête, Denis Kadima Kazadi, est bien à l’œuvre. Elle est même passée, depuis peu, à la vitesse supérieure en se lançant dans l’analyse des plis du marché relatif à l’acquisition des kits d’enrôlement des électeurs, des cartes d’électeurs et services connexes dans le cadre de la révision du fichier électoral et des préparatifs de prochaines élections générales.

En finir d’abord avec la guerre

Cependant, l’action de la Ceni, mieux, sa vitesse, reste dépendant des moyens. Ce qui constitue un autre élément d’inquiétude du politologue Kasimba, car au-delà de la volonté, il est plus que temps d’éclairer sur les moyens et le plan de décaissement précis pour garantir l’organisation de prochains scrutins, suivant le délai constitutionnel. De cet éclairage, tous les acteurs du processus de financement du processus électoral devront naturellement s’impliquer.

In fine, amener la population à s’approprier et à faire le suivi approprié des dépenses effectives par le gouvernement et la Commission électorale nationale indépendante (Ceni).

Par ailleurs, la donne sécuritaire demeure une épine à extirper. Car même si le gouvernement manifeste la ferme volonté et la détermination pour organiser les élections en 2023, concomitamment, les défis du rétablissement de l’autorité de l’État et de la restauration de la paix à l’Est de la RDC doivent être relevés.

Jonas Kasimba émet ainsi sa crainte à haute voix, du fait que la guerre dans l’Est a une incidence financière majeure dans le budget de l’Etat. Bien plus, l’aspect humanitaire reste aussi une préoccupation, car l’escalade militaire dans l’Est de la RDC a des conséquences dévastatrices pour les civils pris entre deux feux.

Des combats entre l’armée congolaise et le M23 ont déjà fait des morts, dont des enfants, parmi les civiles. Selon l’ONU, plus de 80 000 personnes ont fui leur foyer depuis que les affrontements ont repris en avril 2022. Certaines sont parties en Ouganda, d’autres sont déplacées à l’intérieur du pays.

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