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Franck Diongo – Félix Tshisekedi : le divorce

Rompre avec une personnalité de premier plan, à l’instar du chef de l’État, n’est jamais facile pour une famille politique, mieux pour une personnalité politique. Et pourtant, c’est bien le choix opéré par Franck Diongo et sa formation politique, le Mouvement Lumumbiste Progressiste (MLP). C’est donc une page qui s’est tournée, mercredi 20 juillet 2022. Le divorce entre Franck Diongo et Félix Tshisekedi s’explique, selon le premier, du fait que « le régime de Fatshi s’est écarté de la lignée du combat d’Étienne Tshisekedi ». Autant surprenante cette prise de position, Franck Diongo entend bien s’assumer dans la lourde casquette d’opposant au régime en place pour jouer, selon lui, le rôle de « gardien du temple » dans la continuation du combat de Patrice-Emery Lumumba et d'Étienne Tshisekedi wa Mulumba. Dans sa sortie médiatique annonciatrice du divorce, après un silence de plus d’une année, le président du MLP a peint un tableau sombre de la RDC pendant ces 22 dernières années. C’est à l’évidence aussi un réquisitoire sévère contre le pouvoir en place qui, selon lui, est considéré, aux yeux du peuple congolais, comme un espoir déçu, au regard de ses attentes. À voir de près, c’est tout l’environnement politique congolais qui est en ébullition. Des lignes bougent ainsi dans un sens comme dans un autre pour la bataille électorale de 2023.

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diogo

Franck Diongo, président national du MLP, n’a pu contenir ses regrets face aux constats qu’il établit en cinq points essentiels : le pays va très mal et ce, dans tous les secteurs de la vie nationale ; le régime de Félix Tshisekedi est considéré aux yeux du peuple congolais comme un espoir déçu, au regard de ses attentes et de la mauvaise gouvernance politique, diplomatique, économique, sociale et culturel. « Il n’a pas coupé le cordon ombilical avec les antivaleurs et leurs auteurs que nous avions combattus avec notre Père, Etienne TSHISEKEDI, et que nous continuons à combattre aujourd’hui, afin d’obtenir le changement réel et radical » ; la rupture FCC-CACH annoncée avec fracas n’a été qu’un trompe l’œil, une chirurgie de surface, superficielle, donc pas de rupture avec le passé ; la continuité de la mauvaise gouvernance ; l’actuel régime au pouvoir représente une menace sérieuse contre la démocratie, l’unité, l’avenir du pays et notre destin ; l’actuel régime au pouvoir a choisi volontairement et délibérément de s’écarter de l’identité de la doctrine, de la philosophie générale, de la vision ainsi que du schéma tracés par son immortel feu Etienne Tshisekedi wa Mulumba.

De ce réquisitoire sévère contre le chef de l’État et son gouvernement, Diongo trace désormais sa voie. Lui et son parti, le MLP, se désolidarisent du régime au pouvoir.

En se rangeant en conséquence de l’autre côté du bord, c’est bien entendu la casaque de l’opposant qui sera portée par le leader du MLP. Ce dernier a, à cette occasion, dévoilé l’ambition de son parti, celle de participer aux élections de 2023 qu’il souhaite, libres, justes, honnêtes, sincères, crédibles et transparentes et inclusives, dans le strict respect du délai constitutionnel et ce, avec un vote manuel ou semi-électronique.

« Sur ce, le MLP alignera les candidats à tous les niveaux aux élections prochaines… Le MLP s’oppose radicalement au vote électronique », note-t-on de la déclaration faite par son président national, mercredi 20 juillet, au centre catholique interdiocésain à Kinshasa.

S’enrôler massivement dans l’armée pour défendre la patrie

Dans la foulée, Franck Diongo appelle les Congolais d’accepter de s’unir, se pardonner, se réconcilier, se rassembler autour d’un idéal commun et non d’un homme, pour combattre et défendre la démocratie, le développement et la mère partie menacée par les ennemis internes et externes. Et cette défense de la patrie, c’est toute une résolution.

Le MLP considère ainsi la défense de la patrie et de la démocratie comme essentielles et surtout quand c’est le destin commun qui est menacé comme maintenant. « Le sentiment patriotique acquis nous pousse toujours à la résistance mobilisée contre la nouvelle dictature, la balkanisation et l’occupation de notre Pays par les forces étrangères (Rwanda et consorts) avec la complicité de certains nationaux ; car, le résultat de notre combat, vos sacrifices endurés, vous notre Peuple et les nôtres, sont sacrés ; nous devons avoir le courage de regarder les choses en faces (les antivaleurs), les analyser objectivement, les changer et les faire basculer, en nous éloignant radicalement du fanatisme aveugle, du tribalisme et du sensationnalisme qui sont des vecteurs anti-patries et anti-changement réel. Les riches expériences et traditions de nos ancêtres, de nos pères fondateurs de notre Indépendance et de notre Démocratie, nous poussent à nous unir et nous rassembler autour d’un idéal, programme, valeur et principes communs », note-t-on de la prise de position de Franck Diongo.

Et pour bien des observateurs, à un peu plus d’une année des élections, des mouvements dans tous les sens seront bien observés au sein de la classe politique congolaise, en attendant la déclaration des candidatures à tous les niveaux. D’ores et déjà, Franck Diongo a annoncé sa candidature à la prochaine présidentielle.

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